Les états-membres doivent mettre en œuvre des politiques publiques de réduction des risques, les seules à avoir prouvé leur efficacité, pour faire baisser la prévalence de VIH/SIDA parmi les populations toxicomanes, a indiqué mercredi ONUSIDA dans un communiqué réclamant une mobilisation générale en faveur de la réduction des risques.

La réduction des risques, ou « harm reduction », est un concept qui consiste à limiter l’impact pour la santé de pratiques nocives, plutôt que de chercher à pénaliser la réponse des pouvoirs publics. Le champ d’application de la réduction des risques inclut notamment la toxicomanie, l’alcoolisme, le tabagisme, mais aussi la sécurité routière.

Selon l’ONUSIDA, 99% des personnes s’injectant de la drogue vivent dans des pays où n’existent pas de politiques publiques de réduction des risques. Les états-membres de l’ONU avaient pourtant décidé en 2016 d’axer leurs politiques de santé autour de la thématique de la réduction des risques.

De nombreuses études ont démontré que la réduction des risques (qui consiste par exemple à fournir des seringues propres aux toxicomanes, mais aussi à les protéger contre les risques d’overdose) permettait de réduire significativement les risques liés à la consommation de drogue, là où les réponses légales et pénales n’ont jamais démontré d’effets positifs.

Malgré son efficacité avérée, il existe actuellement des freins à la mise en place des programmes de réduction des risques, notamment en raison de considérations politiques et de craintes de la part de certains décideurs de paraître complaisants à l’égard des thématiques de consommation de drogue.

La réduction des risques ne se limite toutefois pas au seul combat contre la toxicomanie et a permis de sauver des milliers de vie, par exemple grâce aux campagnes de sensibilisation de la sécurité routière qui ont responsabilisé les usagers, mais aussi plus récemment grâce aux substituts à la cigarette qui permettent aux fumeurs incapables de s’arrêter d’avoir accès à des options potentiellement moins dangereuses.

On le comprend bien, le principal défi des pouvoirs publics en matière de réduction des risques consiste à faire accepter par l’opinion publique des solutions pouvant paraître laxistes, mais qui se révèlent finalement comme les plus efficaces.