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N°12 - Janvier 2007
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L’avenir du doctorat en débat à Nice

Joël Gombin
membre de la rédaction, allocataire de recherche en science politique au CSPC (IEP d’Aix-en-Provence), est vice-président de l’Association nationale des candidats aux métiers de la science politique et secrétaire de la Confédération des jeunes chercheurs

A quelques mois de la conférence ministérielle de Londres, durant laquelle les pays membres du processus de Bologne définiront le doctorat dans le cadre de l’harmonisation européenne des diplômes (LMD), les universités européennes fourbissaient leurs armes à Nice les 7, 8 et 9 décembre dernier.

Les pays membres du processus de Bologne se réuniront en mai à Londres en conférence ministérielle pour définir le doctorat dans le cadre de l’harmonisation européenne des diplômes (LMD). Pour préparer cette rencontre, les universités européennes ont comparé leurs réalités diverses et leurs aspirations communes à Nice les 7, 8 et 9 décembre dernier.

Depuis la conférence de Bologne, en 1999, un vaste processus d’harmonisation des diplômes s’est engagé entre 45 Etats européens, connu en France sous l’acronyme LMD (Licence-Master-Doctorat). Ce processus relève non pas de standards imposés par les politiques, mais d’un consensus entre les Etats et les différents acteurs impliqués (universités, associations de personnels ou d’utilisateurs). La Licence et le Master, qui ont été définis précédemment, sont délivrés désormais par la plupart des Etats de manière plus ou moins homogène. Ne reste plus qu’à définir l’harmonisation possible concernant le dernier niveau, le doctorat.

Le séminaire organisé à Nice début décembre 2006 par l’European University Association (EUA), qui regroupe au niveau européen près de 700 universités, avait pour objet de rédiger, avec les autres acteurs impliqués, une liste de recommandations soulignant une vision commune et réaliste du doctorat en devenir.

Outre les représentants des universités européennes, on trouvait parmi les 500 participants des officiels gouvernementaux (le ministre français Goulard a par exemple prononcé l’allocution inaugurale), des représentants des doctorants et jeunes chercheurs européens (organisés au sein d’Eurodoc) ou encore des étudiants européens (représentés par l’ESIB). A l’issue de trois jours de travail, un consensus a été dégagé autour de quelques éléments essentiels, qui seront présentés aux ministres à Londres. La responsabilité des universités concernant les conditions dans lesquelles sont effectuées les recherches doctorales et la qualité de celles-ci a été à nouveau affirmée, nécessitant une autonomie et l’attribution de moyens suffisants. L’importance d’un encadrement doctoral par des programmes et institutions structurés, plutôt que par une relation maître-disciple, a été unanimement soulignée. Il a été maintes fois rappelé, tant pour l’attractivité que pour la qualité de ces programmes, l’importance de considérer les doctorants comme des chercheurs en début de carrière (« early stage researchers »), et de leur donner un niveau social digne (rémunération, accès aux droits sociaux...). Il a ainsi été rappelé que les emplois post-doctoraux ne sauraient représenter un niveau supplémentaire du processus de Bologne ni un diplôme. La nécessité d’une recherche originale, et ce quelles que soient les modalités du doctorat, a bien entendu été confirmée. Enfin, si le lien avec les autres niveaux du processus de Bologne a été rappelé, les particularités des activités de recherche ont été réaffirmées.

Il n’en reste pas moins que de nombreuses différences dans les pratiques et les conceptions subsistent tant entre les différents pays européens qu’entre certaines institutions. Espérons que l’harmonisation européenne à venir permette une généralisation des « meilleures pratiques » (best practices).

Joël GOMBIN, allocataire de recherche en science politique au CSPC (IEP d’Aix-en-Provence), est vice-président de l’Association nationale des candidats aux métiers de la science politique (ANCMSP - www.ancmsp.com) et secrétaire de la Confédération des jeunes chercheurs (CJC - http://cjc.jeunes-chercheurs.org).
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